lundi 12 décembre 2016

Ce n'est pas un caprice, bordel !!

Moi et mes intestins, ça a toujours été compliqué même quand j'étais bébé, c'est dire si ça fait un moment que ça dure ! (Je me dirige tranquillement vers mes 38 ans l'an prochain.) Mais dans l'ensemble, j'arrivais relativement bien à gérer les petits soucis. Jusqu'à ce que la machine s'emballe. Le phénomène a dû s’installer progressivement et de manière insidieuse mais c'est vers 2010 que ça a sérieusement commencé à devenir handicapant.
Le problème ? Des crises pendant lesquelles j'étais pliée en 2 à cause de douleurs abdominales (et je ne suis pas du genre douillette !), le tout entrecoupé à intervalles réguliers d'aller-retour aux toilettes pour me vider, littéralement. Ces crises s'étalaient à chaque fois sur plusieurs heures !! Par exemple, je pouvais commencer à avoir mal au ventre vers 20h30 et ce "cirque" durait toute la soirée jusqu'à ce que je puisse à peu près me coucher tranquille sur les coups de 2 ou 3 heures du matin ! Mais ça pouvait aussi avoir lieu en journée. Je me souviens notamment d'une fois où la crise avait commencé vers 7h30/8h du matin et évidemment, je devais me rendre à mon travail, ce qui signifiait environ 20 bonnes minutes en scooter avant d'avoir à nouveau accès à des toilettes. Ce fut vraiment très juste puisqu'à peine arrivée, j'avais juste eu le temps de mettre mon anti-vol pour courir (et ce n'est pas une image, j'ai couru) aux toilettes...


 
Ca a duré plusieurs mois et devant la persistance et la récurrence de plus en plus importante de la chose, j'ai décidé de prendre RV chez un gastro-entérologue. Mais voilà, le brave monsieur ne m'a pas du tout prise au sérieux. Il a qualifié ça de "diarrhée du constipé", pour faire simple, le transit est lent, les intestins 'encombrent et quand ça se débloque, y'a un phénomène du style bouchon de champagne (vous apprécierez l'élégance de la métaphore !).




Cette explication ne m'a pas du tout convaincue, pour 2 raisons. D'abord mon transit a toujours été lent alors que ces crises étaient apparues récemment, deuxièmement je ne pouvais pas imaginer que mes intestins puissent se remplir et se bloquer en l'espace de 2 ou 3 jours seulement (oui car mes fameuses crises pouvaient avoir lieu plusieurs fois par semaine). Alors j'ai fait comme la majorité des gens, j'ai cherché sur google...
J'avais déjà identifié chez moi plusieurs années auparavant une intolérance modérée au lactose (ça entraine chez moi un gonflement du ventre des plus charmant et esthétique, accompagné d'une sensation d'inconfort), du coup je me suis dit que mon problème venait peut-être d'une autre intolérance. En effet la piste alimentaire me semblait la plus évidente pour expliquer mes troubles gastriques. Et là, je suis tombée sur l'intolérance au... gluten.
Je ne me suis pas dit "Bingo ! C'est ça !", bêtement, sans chercher au delà. Non. J'ai cherché quels étaient les modes de dépistage de ce type d'intolérance, en gros il y en a 2, la prise de sang au résultat absolument pas fiable, la biopsie au niveau des parois de l'intestin (l'intolérance au gluten entraine une destruction des villosités des parois de l'intestin). Gag... Oui je dis gag car qui pourrait me prescrire un tel examen quand le gastro-entérologue que j'ai vu, ne m'a pas écoutée... *Énorme soupir devant mon écran d'ordinateur* Je poursuis néanmoins mes recherches pour voir quels étaient les traitements possibles (qui mériteraient peut-être que j'insiste pour avoir droit à une biopsie). Re-gag ! Pas de traitement. Non. La seule solution est de cesser de consommer du gluten.
Bon ben ça du coup, je peux le faire moi-même, sans prescription médicale ni rien. Je me suis donc dit que j'allais tester quelques temps. De toue façon c'était très simple : où je me mettais à aller mieux et dans ce cas la piste du gluten était la bonne, ou ce régime ne changeait rien et donc mon problème venait d'ailleurs et je pourrais me remettre à manger normalement.
J'ai donc entamé mon régime "sans gluten" vers la toute fin 2010. Et devinez quoi ? Mes crises se sont de plus en plus espacées, jusqu'à disparaitre ! 



 
Incroyable ! Et... merde. Oui merde car ça signifiait que la piste du gluten était la bonne et suivre un régime sans gluten ça n'est ni facile, ni franchement amusant.

C'était il y a 6 ans... Durant ce laps de temps j'ai évoqué mon "parcours" à un généraliste et également à un médecin-allergologue (consulté pour autre chose), au vu de mes symptômes et des résultats de mon "expérimentation", les 2 m'ont confirmé que je devais bien être intolérante et que j'avais fait ce qu'il fallait. Néanmoins l'allergologue m'a conseillé de continuer à en consommer un petit peu, de temps à autre, car elle m'a dit que si je le supprimais à 100%, je risquais de développer une réaction allergique le jour où j'y serais à nouveau confrontée. Manquerait plus que ça, tiens...

Au début ça n'a pas été simple, car du gluten il y en a partout ! Et j'ai parfois commis quelques erreurs (que mon ventre m'a bien fait payer). J'en suis donc désormais à ma 6ème année sans gluten. Je ne suis pas une allergique, autrement dit je peux tolérer des traces de gluten. Je peux même m'autoriser quelques écarts (ce qui m'a qui plus est était conseillé par l'allergologue) mais de façon très sporadiques et espacées dans le temps, sinon mon ventre se rappelle très vite à mon bon souvenir.

Mon alimentation a donc pas mal changé. Je ne consomme quasiment plus de plats préparés (bon je n'en consommais déjà pas énormément avant mais, à l'occasion c'était pratique). Je lis scrupuleusement toutes les étiquettes de ce que j'achète car du blé ou de l'orge, il y en a quasiment PARTOUT !! Je vous jure, c'est un enfer... J'ai également dû faire une croix sur un de mes pêchés mignon, les biscuits... Exit aussi les viennoiseries, les gâteaux etc. Je ne vais quasiment plus jamais au restaurant car je ne suis pas sûre de ce que je vais y manger... Fini les crêperies... Fini les restaurants italiens (pâtes, pizzas...).

Le régime sans gluten soyons clairs, c'est pas jouasse ! C'est là que je vais pousser ma gueulante. Parce que croyez-moi, cette mode du "sans gluten" me fout dans une rage que vous n'imaginez même pas !!

Alors, y'a un point positif à savoir la multiplication des produits sans gluten notamment en grandes surfaces, même si tous sont loin d'être très diététiques (la quantité de gras - dont huile de palme - et de sucre qu'ils peuvent parfois contenir, ça fait peur !). Sans oublier que ces produits sont chers !!
Mais le gros point noir dans cette histoire ce sont tous ces gens qui ne sont pas intolérants, qui se mettent à manger sans gluten parce que "c'est plus sain" ! BORDEL !!! Ca m'énerve !!!! 



1> Non, manger sans gluten n'est pas plus sain !!! D'abord parce que le gluten ça n'est pas "mauvais" si vous n'êtes pas intolérants ! Faut arrêter les conneries ! Ce n'est pas une substance toxique, c'est une composante de certaines céréales, point barre ! La palme revient à une youtubeuse dont j'ai vu une vidéo récemment et qui disait que le gluten c'était une glu qui recouvrait les intestins... Bref. Ensuite comme je l'ai dit plus haut, une grande partie des produits estampillés sans gluten ont des compositions disons-le, merdiques ! Des bombes caloriques, faites de graisses saturées et de sucres en tout genre.

2> Non, manger sans gluten ne fait pas maigrir ! Ahahaha la grosse blague ! Je ne répèterais pas ce que j'ai dit ci-dessus sur les produits sans gluten. Ce qui, le cas échéant peut entrainer une perte de poids après l'arrêt du gluten, ça n'est pas l'arrêt du gluten en lui-même mais l'arrêt d'une certaine malbouffe ! Exit les plats cuisinés, les fast-foods, les biscuits/gâteaux/viennoiseries etc. Ca oui, ça peut faire perdre du poids. Mais uniquement si vous les remplacer par des produits naturels, du fait maison etc. Si vous substituez des saloperies avec gluten par des saloperies sans gluten, ça reste des saloperies ! Avec du gras et du sucre !

3> Pour finir, ce qui me met hors de moi c'est cette manie, parce que c'est la mode, parce que je ne sais quel(le) con(ne) a érigé ça en nouveau style de vie tendance, de manger sans gluten alors que l'on n'en a pas réellement besoin !! Je donnerais cher pour ne pas souffrir de ce problème, car oui j'en SOUFFRE, d'abord physiquement quand j'ai le malheur d'en consommer un peu trop, mais aussi j'en SOUFFRE moralement ! De ne pas pouvoir manger ce que je veux, de ne pas pouvoir manger où je veux. C'est une putain de contrainte !! Et nullement un caprice (rah ces gens qui au début de mon régime, pensaient sans doute que c'était une lubie et me disaient "Mais si, allez, vas-y manges-en un peu, ça va pas te rendre malade !" 

Bah si, justement ça va me rendre malade.
 
A toutes celles et tous ceux qui bouffent "gluten free" (ouais en anglais c'est encore mieux) parce que ça fait "staïle", je vous refile mes maux de ventre et mes crises de diarrhée aiguës quand vous voulez ! Histoire que vous compreniez de quoi il retourne réellement.